PIASA - La Saga DANONE - Succession de Monsieur Daniel Carasso (1905-2009)


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Communiqué de presse
Publié le 26 Janvier 2010     Lu par 4506 journalistes

PIASA - La Saga DANONE - Succession de Monsieur Daniel Carasso (1905-2009)

 

 

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Vente à Paris – Drouot Richelieu

9, rue Drouot - 75009 Paris – Salles 5 et 6

 

VENDREDI 19 MARS 2010 à 14H

I

Importants Tableaux et Sculptures Modernes,

(Claude Monet, Pierre-Auguste Renoir, Pierre Bonnard, Alfred Sisley, Albert Marquet, Maurice Utrillo, Edouard Vuillard, Fernand Léger, Joan Miro, Aristide Maillol etc.)

Mobilier  principalement du XVIIIème siècle, Archéologie et Extrême-Orient

 

 

SUCCESSION DE MONSIEUR DANIEL CARASSO (1905-2009)

 

LA SAGA DANONE

Fils du fondateur de DANONE, Monsieur Daniel Carrasso fut l’un des hommes les plus marquants et les plus novateurs de l’industrie agro-alimentaire.

 

 

 

photo de Monsieur  DanielCarasso

 

             Daniel Carasso et Franck Riboud (Reuters/Jacky Naegelen)

 

 

C’est un remarquable ensemble de pièces provenant de la succession de Monsieur Daniel Carasso que la maison de ventes PIASA va présenter aux amateurs et collectionneurs, lors d’une vente de prestige qui aura lieu le vendredi 19 mars prochain à Drouot Richelieu.

C’est un parcours hors du commun que celui de Daniel Carasso, né en 1905 à Salonique et décédé à Paris en mai 2009, à l’âge de 103 ans. Ses ancêtres, juifs d’Espagne expulsés en 1492 par Isabelle la Catholique, se sont installés à Salonique, alors dans l’Empire turc, et ont gardé la nationalité espagnole pendant quatre siècles. En 1912, la famille est de retour à Barcelone et Isaac, le père, y crée en 1919 une petite entreprise de yoghourts qu’il baptise affectueusement du surnom de son fils, « Danon », petit Daniel en catalan. Comme il s’agissait d’un nom propre et qu’il ne pouvait pas l’enregistrer sous cette forme, il a ajouté un « e ». DANONE était né. Daniel Carasso consacra sa vie à faire de cette entreprise pionnière du yaourt industriel un grand groupe mondial.

 

L’innovation majeure apportée par DANONE est l’introduction de ferments lactiques dans le yaourt. Isaac Carasso, sensibilisé aux problèmes de santé des enfants dans la Barcelone de l’époque, connaît les bienfaits de ces ferments et se fournit directement auprès de l’Institut Pasteur. Ces yaourts, créés de façon empirique au rez-de-chaussée de la maison familiale, sont d’abord vendus comme des médicaments, en pharmacie.

En 1929, après des études de commerce en France et un stage en bactériologie à l’Institut Pasteur, Daniel Carasso décide de suivre les traces de son père mais en France. Il débute son activité dans le XVIIIe arrondissement parisien et crée la Société Parisienne de yoghourt Danone. Il concrétise ses débuts français en 1932, par la construction d’une usine à Levallois-Perret. « Mon rêve était de compléter l’œuvre paternelle en lui donnant une dimension plus moderne et internationale», confie-t-il. Pour ce faire, il fait appel à la publicité naissante et Roger-Louis Dupuy lui trouve son premier slogan « Délicieux et sain, DANONE est le dessert des digestions heureuses ».

 

Le yaourt sort des pharmacies pour entrer dans le menu quotidien du parisien aisé.  Audacieux et déterminé, Daniel Carasso ne cesse d’innover. En 1937, apparaît sur le marché le premier yaourt aromatisé aux fruits, Dany. Un projet dans lequel il s’investit totalement malgré la législation de l’époque qui interdit toute introduction autre dans un produit laitier. Il obtient une modification de la loi afin de commercialiser son dessert. En novembre 1941, il est contraint de fuir l’occupation nazie et se réfugie à New York où il rachète une entreprise de yaourts grecs en déclin et crée la Dannon Milk Products. Le premier objectif est d’apprendre aux américains à mieux se nourrir.

 

Il revient en France en 1945. L’entreprise familiale a depuis connu un grand essor. Guidé par son sens inné des affaires, il entreprend dès 1967, de faire fusionner sa société avec l’un de ses concurrents : Gervais. Une initiative qui marquera la naissance de Gervais Danone. Un groupe qu’il enrichit très vite d’autres entreprises agro-alimentaires telles que Milliat Frères et surtout Régia Panzani, ce qui en fera le premier fabricant français de pâtes alimentaires.

 

Fort de cette réussite, Daniel Carasso poursuit son épopée et une nouvelle fusion intervient en 1973, cette fois, en partenariat avec le PDG de BSN. « Je souhaitais faire de DANONE une marque mondiale. J’en étais à ces réflexions lorsque j’ai rencontré Antoine Riboud. Nos stratégies coïncidaient : lui voulait étoffer son offre alimentaire, nous voulions nous développer à l’international », explique-t-il. Les deux hommes travaillent alors à la création de ce nouveau groupe qui produit actuellement, chaque année, 6 milliards de pots de yaourts, desserts et fromages frais.

 

A force d’audace et de travail, Daniel Carasso a réalisé son rêve qui était de faire de DANONE, au départ petite entreprise familiale, un grand groupe mondial.

 

 

Un collectionneur passionné et averti…

 

Si DANONE fut l’œuvre personnelle de Daniel Carasso, le goût pour les œuvres d’art et le mobilier fut l’aventure commune du couple que formaient Daniel Carasso et son épouse Nina (Grâce à l’état civil). Le père de Daniel était un entrepreneur novateur doté d’un bon sens des affaires, le père de Nina, financier averti, était en outre un homme de culture, passionné d’opéra, de littérature et d’art plastique.

 

Daniel Carasso rencontre Nina Covo avant la dernière guerre. Ils se marient le 16 octobre 1939 et, en 1941, contraints par les événements, quittent l’Europe pour les États-Unis.

De retour d’Amérique, les jeunes époux, qui partagent la même curiosité, le même élan pour la vie et la création, font leurs premiers pas de collectionneurs. C’est Nina qui sensibilise Daniel au monde de l’art et ce dernier, d’une curiosité insatiable, absorbe comme une éponge ces nouvelles connaissances du génie humain. Le couple met la même passion dans l’étude et la découverte des œuvres d’art que l’entrepreneur dans son engagement professionnel. Partageant un goût résolument éclectique, ils collectionnent, avec la même exigence, la peinture et la sculpture modernes et contemporaines, le mobilier français du XVIIIe siècle, l’Extrême-Orient ou les Antiques. Un seul critère commun : la qualité. Pour rechercher et acquérir les œuvres, les Carasso prennent conseil auprès des plus grands spécialistes dont Maurice Covo, frère de Nina, éminent spécialiste d’art moderne et fin connaisseur du marché, qui oriente le couple vers le meilleur.

 

La dispersion du contenu de l’appartement parisien de Daniel et Nina Carasso en est la démonstration. L’Impressionnisme occupe une place prépondérante dans cette collection. De Claude Monet à Auguste Renoir, en passant par Alfred Sisley, cinq œuvres de ces artistes attestent le goût du couple pour l’un des mouvements majeurs de la peinture moderne.

 

Claude Monet (1840-1926), chef de ce mouvement, en libérant par ses larges touches aux tonalités délicates les paysages de leurs contours rigides, traduit de manière inédite le mouvement de l’eau, l’effet de la brise, la course des nuages. Notre tableau Étude de joncs a été peint en 1876 dans le petit bras de la seine à Argenteuil. La surface frémit de subtils passages et de fugaces colorations. Les fonds se dérobent hors les lances infléchies et mêlées des joncs au premier plan. À l’arrière, le soleil froid du couchant traverse les saules, les formes se dissolvent sous une brume ensoleillée qui confère au paysage une présence fascinante, insaisissable.

 

Auguste Renoir (1841-1919) possède une facture plus lisse que celle de son ami Monet. Il se laisse gagner par le plaisir de peindre en plein air et peint par touches fragmentées qui rendent à merveille les effets fugitifs de la lumière et du soleil. Dans Femme en rose dans un paysage exécuté en 1918-1919, nous retrouvons cette atmosphère de bonheur. Renoir revient à sa nature profonde qui le pousse vers l’épanouissement des volumes par la couleur. L’artiste réalise la fusion entre forme et couleur grâce à l’emploi de touches ruisselantes de lumière. Plus rien ne sépare alors la femme en rose de la nature dans laquelle elle est immergée, baignant dans une atmosphère paradisiaque.

 

Alfred Sisley (1839-1899) partage avec Renoir et Monet cet amour de la nature. Extrêmement laborieux, il est en quête d’une perfection formelle, mais au travers d’un œil neuf, presque candide. Il cherche à retenir le flux profond des espaces chers aux anciens maitres. Avec ce Soleil d’automne de 1879, il met en évidence ces différences ; l’artiste ne montre qu’à légers traits le mouvement de l’eau et du feuillage. Il préfère renforcer l’effet du ciel en le peignant à travers les branches.

 

C’est après avoir été bouleversé par les toiles tahitiennes de Gauguin et avoir fait un voyage en Italie et en Grèce, qu’Aristide Maillol (1861-1944) a une révélation : il abandonne la peinture et la tapisserie pour la sculpture. Il recherche l’architecture et les volumes, l’équilibre idéal, il va toujours plus loin dans la simplification du contour. Dans les années 1930, Maillol se lance dans la conception d’un groupe monumental qui soit un hymne à la jeunesse. Notre sculpture intitulée Nymphe aux fleurs de 1931 est une étude préparatoire pour le groupe des trois nymphes achevé en 1937. Notre bronze a été fondu par Alexis Rudier selon la technique de la fonte au sable, sous le contrôle de Maillol, avant 1939, et a été ciselé par Maillol lui-même. Dina Vierny a posé pour la ciselure des Trois nymphes. « Il a recherché la perfection en tout. Il fallait que la fonte soit admirable, la ciselure parfaite » (Dina Vierny, Histoire de ma vie racontée à Alain Jaubert, Gallimard, Paris, 2009). La nymphe aux fleurs réalisée en 1931 a été exposée pour la première fois à l’ouverture de la Galerie Dina Vierny au 36 de la rue Jacob à Paris en janvier 1947. Elle est reproduite en pleine page sur la plaquette éditée à l’occasion de cette exposition.

 

Albert Marquet (1875-1947) consacre la naissance du Fauvisme en 1905 aux cotés de Vlaminck, Derain, Matisse et Friesz. Il peint l’essentiel et ne prétend pas à peindre l’essence ; pas d’effusion, pas de sentimentalisme, pas de théories. Il est reconnu comme peintre voyageur, le peintre des eaux. Nous avons la fidèle transcription de ses inclinaisons dans les quatre œuvres de la collection. D’abord deux vues de ports méditerranéens, L’Estaque et Vue du port de Naples, d’où jaillissent des couleurs chaudes. Puis deux toiles parisiennes, Quai des Grands Augustins à Paris et Le pont Saint Louis, illustrant idéalement la phrase de Louis Gillet de l’Académie Française : « personne, par des moyens plus concis et plus infaillibles, n’a rendu l’atmosphère d’une journée de neige ou d’une soirée pluvieuse sur les quais de Paris » comme Marquet.

 

Dans la Nature morte sur fond jaune (1939) de Fernand Léger (1881-1955), nous retrouvons tous les éléments caractéristiques de l’œuvre de Léger : dessin au trait, couleurs vives posées en aplat, monumentalité des volumes, manipulation des contrastes et des oppositions. Il est le « constructeur d’un réalisme du XXe siècle » (Roger Garaudy, Pour un réalisme du XXe siècle, dialogue posthume avec Fernand Léger, Grasset, Paris, 1968). Son exigence démontre son désir d’interpeller le spectateur en dressant notre mental à la cohabitation brutale des courbes et des formes statiques. Les objets se libèrent de leur pesanteur architecturale et ne trouvent leur raison d’être que dans la dynamique des contrastes.

 

Pierre Bonnard (1867-1947), en découvrant la Méditerranée, comprend l’importance de la lumière. Pour lui, l’harmonie des couleurs devient tout. Il allie alors des contrastes de tons puissants. Ce lyrisme amène Bonnard à réduire l’évocation des volumes et des coulées chromatiques en ayant recours à de petites touches irisées qui donnent au tableau sa féérique vibration lumineuse. Dans notre tableau Amandiers en fleur, cactus et figure d’enfant (vers 1942), l’intrusion du monde de l’enfance dans ce jardin d’Eden par la figuration d’une tête d’enfant fait exploser « la joie d’inventer le bonheur » (Yves Farges). Les toiles de cette dernière période sont emplies d’une vibration lumineuse croissante où, comme ici, l’arbre irradie de neige pour atteindre un lyrisme panthéiste et pur.

 

Avec Picasso et Kandinsky, Joan Miró (1893-1983) par son exceptionnelle vertu poétique est l’un des artistes les plus considérables du XXe siècle. D’abord peintre, Miró s’essaye à la sculpture à partir de 1928, comme un jeu, de façon détendue. Beaucoup de ses sculptures sont faites d’objets du quotidien qu’il assemble avant de les mouler et de les fondre en bronze. Notre sculpture Le roi guerrier (1981) tient dans la main une louche, symbole dérisoire de son pouvoir et ses épaules portent un cerceau, auréole surréaliste, autour d’une tête absente. Miro retrouve la fraîcheur des sources mêmes de l’expression par l’image, hors de l’élaboration d’objets esthétiques ou intellectuels. Son œuvre reste irremplaçable et inimitable.

 

Enfant naturel de Suzanne Valadon, Maurice Utrillo (1883-1955) est le peintre des sites montmartrois et de la banlieue parisienne, laissant d’authentiques chefs-d’œuvre parmi son importante production. Notre tableau intitulé Vers la route de Compiègne peint en 1910 décorait la grande salle du Lapin à Gill (aujourd’hui Au Lapin agile), célèbre cabaret de Montmartre. Quand Berthe Serbource, qui tenait le cabaret, prit sa retraite, elle donna le tableau à sa belle-fille. Cette dernière épousa l’écrivain Pierre Mac Orlan qui le conserva dans son cabinet de travail jusqu’en 1957.

 

Jacques Villon (1875-1963) choisit ce pseudonyme lorsqu’il commence sa carrière de dessinateur satirique. Il élabore une forme de cubisme synthétique (reconstruction de l’objet) et mène de front recherche structurale et recherche chromatique dans le but de ramener le thème à ses composantes fondamentales. Jardin à la française, daté de 1947, rigoureusement structuré à l’aide de diagonales et d’obliques en est la démonstration. La rigidité de la composition est subtilement contrecarrée par des réseaux frémissants de lignes brisées. Les variations chromatiques qui parviennent paradoxalement à suggérer la douceur par des rythmes brisés et des tons vigoureux feront dire à Jacques Villon que « la couleur est un poids dans la balance des émotions ».

 

D’autres artistes seront aussi représentés ; Edouard Vuillard (1868-1940) et un Nu étendu, une huile s’appuyant sur le carton pour esquisser la jeune femme, Marie Laurencin (1885-1956) avec une très délicate aquarelle de Deux jeunes filles, Jean Helion (1904-1987) et un grand dessin à l’encre de Chine, Georges Rouault (1871-1954) représentant à l’huile son Trio de clowns ou encore Maurice de Vlaminck (1876-1958) et ce tableau intitulé Labbeville, réalisé en 1921. Les sculpteurs espagnols ne sont pas oubliés comme Joan Gardy-Artigas (1892-1980) et Balthasar Lobo (1910-1993).

 

Dans le cadre de cette vacation, d’importants meubles et objets d’art seront aussi dispersés.

 

Une table en bronze patinée de Diego Giacometti (1902-1985) et une très belle paire de chenets formée de cobras s’affrontant par Edgar Brandt (1880-1960) seront complétés par un très bel ensemble des XVIIIe et XIXe siècles. Citons notamment une table à écrire par Adam Weissweiler en placage d’acajou provenant du Palais des Tuileries et livrée par Riesener pour le service de Monsieur Thierry de Ville d’Avray. Une élégante table ovale de salon en acajou, un travail russe de la fin du XVIIIe siècle, un rare métier à tapisser Louis XV en décor vernis Martin sur fond or ou encore cette table à mécanisme en marqueterie de bois par David Roentgen ou ce bureau plat en marqueterie de bois de rose de Pierre-Harry Mewesen. Une paire de lévriers assis en porcelaine émaillée rouge corail d’époque Qianlong , un rare lave-pinceau en porcelaine émaillée peau de pêche d’époque Kangxi et une amphore à figures noires du Groupe de Leagros datant de 500 ans avant J.C viendront, entre autres, compléter cet ensemble.

 

 

VENDREDI 19 MARS 2010 à 14H30

 

Succession de Monsieur Daniel CARASSO (1905-2009)

I

Importants Tableaux et Sculptures Modernes,

Mobilier  principalement du XVIIIème siècle, Archéologie et Extrême-Orient

 

Vente :

Vendredi 19 mars 2010 à 14H30

Hôtel Drouot – 9, rue Drouot – 75009 Paris

 

Expositions publiques :

Mercredi 17 et jeudi 18 mars 2010 de 11h à 18h et le vendredi 19 mars 2010 de 11h à 12h

 

 

CONTACT PRESSE PIASA :

Isabelle de Puysegur - Tel/fax : 33 (0)1 45 49 17 97

i.puysegur@wanadoo.fr

 

 

Crédit Photos : Mention obligatoire PIASA

 

Photos en haute définition sur demande auprès d’Isabelle de Puysegur

 

 

 

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Tel : 33(0)1 53 34 10 10 – Fax : 33(0)1 53 34 10 11

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